En parcourant mon feed Facebook, j’ai découvert la première Freeze improv’ publique de Dakar. La vidéo est vraiment intéressante à regarder. On y remarque la fougue et le dynamisme d’une jeunesse Sénégalaise (et Africaine) moderne, un peu trop ‘westernisée’ même  à mon avis.

Sans doute inspirée du succès viral de la vidéo Youtube du group ImprovEverywhere, ce premier « Freeze » réalisé à Dakar se décrit comme étant Une action de communication dans le cadre de la commémoration du dixième anniversaire d’une institution dénommée ETICCA, « destinée à mettre en valeur le potentiel des jeunes face à la difficulté de l’insertion professionnelle. »

Malgré l’allégresse des acteurs et la qualité de la vidéo, je n’ai pu m’empêcher de constater des choses qui, à mon avis mitigent la qualité et l’intention des producteurs de ce Freeze (s’il faut l’appeler ainsi).

Un. Les actions d’improvisation publiques ont un caractère interactif qui suscite l’étonnement de l’audience. Ici nous avons l’impression d’avoir affaire a une prestation filmée sans le soucis d’engager l’audience présente sur la scène même si celui qui regarde la vidéo peut apprécier tout le travail et la logistique déployée.

Deux. La force de nos réalités culturelles sape la qualité du travail. Si a New York, Grand Central attire des milliers de personnes par jour, une improv’ collective publique Freeze peut impressionner. Ca fait un peu bizarre de voir que les quelques deux ou trois passants de Dakar n’ont même pas fait semblant de s’arrêter… C’est tellement flagrant que même le montage vidéo n’a su le cacher. Est-ce parce que les initiateurs et acteurs de cette prestation ne cherchent pas à susciter la curiosité et l’émerveillement de l’audience? Au contraire. Mais une étude plus approfondie de nos sociétés et cultures s’impose pour créer de telles émotions.

Trois. ImprovEverywhere l’a fait pour le fun, pas pour des fins de promotions. Mais comme il n’y a rien de nouveau sous le soleil, et que sous nos tropiques il est difficile d’initier des oeuvres d’intérêt général sans soutien financier de commanditaires, nous pouvons comprendre les fins commerciales de cette vidéo. Par contre, l’objectif de cette production, comme décrit par l’ETICCA était de « mettre en valeur le potentiel des jeunes face à la difficulté de l’insertion professionnelle. » Dans ce film, quoique nous voyons de jeunes diplômés, aucune allusion a la « difficulté » de l’insertion professionnelle n’est faite… a moins que cette difficulté se rapporte a squatter les place publiques diplômes en main…

Aucunement mon intention n’est de démontrer qu’il s’agit ici d’une mauvaise œuvre qui manque d’originalité. Autrement il ne figurerait pas sur ce blog. Je suis fier de présenter cette vidéo et ainsi de montrer au monde que la jeunesse Africaine aspire à un avenir meilleur et a la force et la détermination d’y arriver. Mes encouragements et félicitations aux producteurs et réalisateurs de l’improv’ et de cette vidéo. Surtout, nous attendons d’en voir d’autres!

 

P.S.: Mes trois récents posts portent sur des actions créatives dans le Sénégal. Pas par ce que j’en ai envie, mais force est de constater qu’en Afrique noire francophone, les créatifs de tous domaines « partagent » réellement les idées et se rendent compte qu’on peut faire beaucoup avec Internet.

S. Eric Dossou

Designer graphique et photographe, Eric est avant tout un artiste et ami d'arts visuels. Un silence grave plane sur le rôle du design et du designer en Afrique. Une histoire est en train d'être écrite par les artistes visuels africains. Eric se propose du mieux qu'il peut de la documenter au travers de ce blog. Visitez sericdossou.com pour en savoir plus.

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